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Chronique numéro 4 d'une prof nomade

Tic, tac, tic, tac...

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Voilà deux mois piles que j'ai posé mes valises à Istanbul et, déjà, il faut songer au départ. Dans un mois, je quitterai en effet ce pays extraordinaire et si attachant, après avoir passé 90 jours - délai maximum sous visa touristique - dans cette ville aux mille visages.

Et en deux mois, il peut s'en passer, des choses...

D'abord, faire rapidement ses marques, se familiariser avec son nouvel environnement et appréhender la peur ; celle de l'inconnu, de la nouveauté. Le temps est compté, il ne faut pas trainer !

Vivre, ensuite, avec la nostalgie de ses anciennes vies ; française, anglaise, barcelonaise, danoise, et porter avec soi les morceaux d'un cœur rafistolé. C'est que, sans boussole, on s'y perd, dans cette existence éclatée aux quatre coins de l'Europe...

Puis, s'ouvrir à la nouvelle existence que l'on s'apprête à mener et accueillir sereinement le bouleversement de tous ses sens. Être prêt à vivre "à la turque" ; manger, sortir, se comporter, approcher, être approchée, penser différemment, sans répit.

Très vite, s'attacher aux lieux, aux gens, aux saveurs, aux parfums, aux musiques : puis au moment du départ, défaire les liens fragilement tissés, emporter un bout d'eux dans ses valises... Dieu, que le cœur doit être bien accroché !

Enfin, faire des rencontres ; souvent superficielles quand on sait qu'on ne reste pas, tandis que d'autres nous marquent un peu plus... Mais déjà, il faut repartir ! Ah, non ! Pas cette fois-ci ! L'aéroport d'Istanbul n'aura pas mes larmes le mois prochain...

Ecrire, ressentir, vivre d'expériences intenses : voilà comment marquer à jamais sa chair de son passage ici, là-bas, ailleurs.

Devenir "poète voyant", modestement, en suivant le mode d'emploi d'Arthur Rimbaud :

"Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les quintessences."

Vivre déracinée, toujours s'envoler, ah ! L'oiseau souffre parfois de cette liberté vertigineuse ! Mais c'est que la porte de sa cage a fait céder ses gonds depuis longtemps déjà, et que, prêt à s'envoler pour atterrir à peu près partout, l'animal n'est jamais contre l'idée, tel le boomerang, d'un éventuel retour...

Prochaine destination : ... surprise !

Et elle promet, elle aussi, d'être riche en émotions...

Cœur bavard - série littéraire

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