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Chronique numéro 6 d'une prof nomade

Bonheur et malheur

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« Le bonheur est une richesse, il faut y employer son expérience et son imagination. »

Le bonheur se choisit. Du moins, c’est ce que je pense. A toute épreuve que la vie nous impose, il est toujours en notre pouvoir d’opter pour une vie heureuse.

Le malheur ne se subit pas. Du moins, je le refuse. Je ne dis pas que c’est toujours vrai, ni que c’est chose aisée (être heureux est une lutte de tous les instants), mais c’est une facilité à laquelle je ne consens à céder.

Il y a les malheurs qui nous tombent dessus et contre lesquels il faut se battre pour pouvoir se relever. Ceux-là sont épuisants.

Puis il y a les malheurs que l’on crée soi-même : par son comportement toxique, par ses attitudes conflictuelles, par un certain déterminisme qui nous pousse constamment à agir négativement sans chercher à changer quoi que ce soit à ce cercle vicieux infernal, comme un monstre de fatalité que l’on nourrit à la main. Ceux-ci sont destructeurs, mais de notre propre volonté.

Il en est de même pour le bonheur. Il se crée. Pour moi, être heureux est une école, une philosophie, non un privilège, encore moins une chance. Et, comme toute philosophie, elle s’enseigne et s’apprend.

Le bonheur ne sonne pas à la porte. Il se cherche. Certains ne le trouvent jamais et passent à côté, parce qu’ils ne s’en donnent pas les moyens. Pourtant, il se cache à tous les coins de rue à qui sait observer attentivement.

Atteindre l'idéal est une quête fascinante, gratuite et à la portée de tous.

Être heureux, ce n'est pas le rare privilège de ceux qui n'ont jamais connu de drames, le destin bien né de quelques "épargnés".

Être heureux c’est, à mon sens, la fusion du bonheur et du malheur : c’est construire le premier en composant avec le second.

J’affectionne tout particulièrement ce texte de Jean Giono sur ce sujet :

« On peut être heureux partout. Il y a seulement des endroits où il semble qu’on peut l’être plus facilement qu’à d’autres. Cette facilité n’est qu’illusoire : ces endroits soi-disant privilégiés sont généralement beaux, et il est de fait que le bonheur a besoin de beauté, mais il est souvent le produit d’éléments simples. Celui qui n’est pas capable de faire son bonheur avec la simplicité ne réussira que rarement à le faire, et à le faire durable, avec l’extrême beauté. On entend souvent dire : « Si j’avais ceci, si j’avais cela, je serais heureux », et l’on prend l’habitude de croire que le bonheur réside dans le futur et ne vit qu’en conditions exceptionnelles. Le bonheur habite le présent, et le plus quotidien des présents. Il faut dire : « J’ai ceci, j’ai cela, je suis heureux. » Et même dire : « Malgré ceci et malgré cela, je suis heureux. » Les éléments du bonheur sont simples, et ils sont gratuits, pour l’essentiel. Ceux qui ne sont pas gratuits finissent par donner une telle somme de bonheurs différents qu’au bout du compte ils peuvent être considérés comme gratuits.

Il n’est pas de condition humaine, pour humble ou misérable qu’elle soit, qui n’ait quotidiennement la proposition du bonheur : pour l’atteindre, rien n’est nécessaire que soi-même.

[…] Le bonheur est la liberté. Quand l’homme s’est fait une nature capable de fabriquer le bonheur, il le fabrique quelles que soient les circonstances, comme il fabrique des globules rouges. »

Mon bonheur à moi ces jours-ci, c’est un verre de vin en lisant un livre ou en écrivant quelques vers dans un petit bar intimiste d’Istanbul où j’aime me rendre régulièrement.

A ce moment-là, le monde peut bien s’effondrer, plus rien ne m’atteint.

Et vous, c’est quoi votre instant bonheur du moment ?

Cœur bavard - série littéraire

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